Étude clinique31 octobre 2026
Apnée du sommeil : des différences entre asthme et BPCO
Une étude compare les symptômes et les mesures respiratoires de deux groupes de patients

Une étude rétrospective menée auprès de 101 patients compare l’apnée du sommeil associée à la BPCO ou à l’asthme. Le groupe BPCO présentait davantage d’événements respiratoires et de baisse d’oxygène nocturne ; le groupe asthme, plus de réveils, d’insomnie et de fatigue.
Deux associations comparées
L’étude s’intéresse à l’apnée obstructive du sommeil, c’est-à-dire à des épisodes répétés où la respiration est gênée pendant le sommeil. Elle compare deux situations : l’apnée associée à la bronchopneumopathie chronique obstructive (BPCO), appelée syndrome de chevauchement, et l’apnée associée à l’asthme, désignée ici comme syndrome de chevauchement alternatif.
Les chercheurs ont analysé rétrospectivement les données de 66 personnes atteintes de BPCO et d’apnée, et de 35 personnes atteintes d’asthme et d’apnée. Toutes ont passé un test du sommeil à domicile ainsi qu’une spirométrie, un examen qui mesure le fonctionnement respiratoire.
Davantage de baisses d’oxygène avec la BPCO
Dans le groupe associant apnée et BPCO, les chercheurs ont relevé un indice d’apnées et d’hypopnées plus élevé. Cet indice comptabilise les interruptions ou réductions de la respiration pendant le sommeil. L’indice de désaturation en oxygène était également plus élevé : il mesure la fréquence des baisses d’oxygène dans le sang.
Les personnes de ce groupe passaient aussi davantage de temps avec une saturation en oxygène inférieure à 90 %. Ces résultats décrivent les différences observées entre les groupes étudiés ; ils ne permettent pas, à eux seuls, d’expliquer pourquoi elles existent.
Réveils et fatigue plus souvent rapportés avec l’asthme
Le groupe associant apnée et asthme présentait plus souvent des réveils nocturnes, des symptômes d’insomnie et de la fatigue. L’étude rapporte donc des profils différents : davantage d’événements respiratoires et de baisse d’oxygène nocturne avec la BPCO, et davantage de symptômes liés au sommeil avec l’asthme.
Ces constats proviennent d’une étude rétrospective menée dans un seul centre. Ils montrent une association entre les groupes et les caractéristiques relevées, mais ne démontrent pas que l’asthme ou la BPCO cause les symptômes observés.
Une piste encore à confirmer
Les auteurs ont aussi estimé, à partir de modèles prédictifs, la fréquence d’un seuil d’éveil bas. Cette notion désigne une tendance à se réveiller plus facilement en réponse aux événements respiratoires. L’estimation concernait 57,1 % du groupe asthme-apnée et 30,3 % du groupe BPCO-apnée.
Les chercheurs précisent que cette différence est exploratoire : sa fréquence réelle dans ces deux populations n’est pas établie. Ils indiquent que des études prospectives portant sur des groupes plus importants seront nécessaires pour la vérifier. L’étude ne permet pas non plus de tirer des conclusions sur la prise en charge ou le traitement des patients.
Cet article résume une source extérieure. Il ne remplace pas l'avis de votre médecin et ne constitue pas une recommandation de traitement.
Consulter l’étude sur PubMed

